2013-04-03 Centre « Dumitru Staniloae »: Jean Boboc – «Les déviances sexuelles» (audio)

6 avril 20135 commentaires

2013-04-03 Centre « Dumitru Staniloae »: Père Jean Boboc – «Les déviances sexuelles» (audio)

Dans cette conférence le père Jean Boboc parle des déviances sexuelles. Les déviances sexuelles, le cas de l’homosexualité. L’idéologie contre la nature, les sciences et la morale. L’homosexualité est-elle une perversion, une maladie, un trouble de la personnalité? Quelle est la réalité des prétendues responsabilités génétiques, hormonales et hypophysaires? Le débat entre l’inné et l’acquis. La théorie idéologique du Gender (la théorie du genre). La position de l’Orthodoxie.

Le Père Jean Boboc est doyen du Centre Orthodoxe d’Études et de Recherches Dumitru Stàniloae, dans le cadre duquel il enseigne un cours de Théo-anthropologie et applications bioéthiques (voir le programme complet des cours).

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Dans: AudioCentre "Dumitru Staniloae"
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Sur l'auteur ()

Ordonné prêtre le 10 mai 2009, par son Éminence le Métropolite Joseph dans l’Église des saints Archanges Mihaï, Gavriil et Rafaïl, devenue le jour même Cathédrale métropolitaine de la métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale par la décision à l’unanimité de la communauté roumaine de se rattacher désormais à la Métropole et de mettre fin à 60 ans de séparation entre la communauté de l’exil et l’Église mère, le père Jean Boboc a été ordonné pour cette cathédrale. Prêtre économe stavrophore, le père Jean est le troisième prêtre de la cathédrale. Français d’origine roumaine, le père Jean Boboc est Docteur en médecine de la Faculté de médecine de Paris. Titulaire de différentes spécialités médicales et en particulier de Pharmacologie et Toxicologie cliniques, il a partagé sa vie professionnelle entre la pratique praticienne et la recherche appliquée. Titulaire d’un MBA dans l’administration des affaires, il a dirigé différentes firmes pharmaceutiques comme président et en particulier aux Etats Unis et au Canada, ce qui l’a familiarisé aux problèmes éthiques de la recherche médicale. Parallèlement, le père Jean a mené une vie active dans l’Exil roumain en France et en Amérique du Nord. Président fondateur de l’AFDOR (Association des Français d’Origine Roumaine) et de la BRP (Bibliothèque Roumaine de Paris), associations particulièrement utiles durant la guerre froide, le père Jean a donné de nombreuses conférences des deux côtés de l’Atlantique, sur la situation historique roumaine et en particulier sur la question des territoires de Bessarabie et de Bucovine, annexés par l’Union soviétique et toujours occupés ou annexés. Il a de même écrit sur ce sujet de nombreux articles et participé à des ouvrages collectifs traitant de ces questions. Un recueil de certains écrits politiques de Mihaï Eminescu, traduits en français, est d’ailleurs attendu. Sous l’influence de Mircea Eliade, le père Jean a parallèlement à ses études médicales, suivi les cours de l’ISTR (Institut de Science et de Théologie des Religions) de l’Institut catholique de Paris. De retour des Etats Unis, il rejoint l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge, où il obtient une licence et un master de théologie orthodoxe, et où il doit soutenir bientôt une thèse de doctorat sur les aspects eschatologiques de l’anthropologie orthodoxe. Un Essai d’anthropologie orthodoxe est aussi en cours de rédaction. Co-traducteur des œuvres théologiques du père Dumitru Staniloae, le père Jean Boboc s’intéresse essentiellement aux aspects pneumatiques et eschatologiques de l’anthropologie orthodoxe et à leur impact sur les sciences de la vie, et donc aux questions brûlantes de la bioéthique actuelle.

Commentaires (5)

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  1. Sylvie Pétureau dit :

    En 1959 dans Sacrement de l’amour, Paul Evdokimov écrivait que l’Eglise s’interdit d’entrer dans la chambre à coucher des fidèles. Parce qu’elle respecte leur liberté, leur intimité, leur sens de la responsabilité personnelle. Mais beaucoup de prêtres (à la suite de saint Jean Chrysostome ?) ne respectent pas cet interdit, et ce faisant, ils montrent la défiance de l’Eglise envers les fidèles, qu’elle infantilise alors. Si aucun passage évangélique ne nous montre l’attitude de Jésus envers un homosexuel, c’est que ça n’a pas en soi d’importance. Si le passage de référence est la femme adultère (Jean 8), la réponse est : « Personne ne t’a donc condamnée ? moi non plus, je ne te condamne pas. » Et le « Va et ne pèche plus » n’est pas à interpréter comme une condition ! c’est une invitation à revivre qui est donnée par surcroît. (« Car il n’est nul homme vivant qui ne pèche pas », dit le psaume.) Qui sont-ils, ceux qui pour recevoir un fidèle à la communion exigent qu’il « ne pèche plus » ? ceux-là même à qui Jésus a dit : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre ». Dans l’Evangile ils sont tous partis, en commençant par les plus âgés ! ce qui montre que la prise de conscience du péché demande de l’expérience. Le péché est éminemment personnel, il n’est pas toujours là où on le croit. Etre reçu à la communion n’est pas la récompense des justes, mais le viatique des pécheurs, pardonnés alors qu’ils sont encore pécheurs, qu’ils cherchent leur façon personnelle de pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec leur Dieu. « Mange et bois, car longue est la route qu’il te reste à parcourir ». Il est possible de marcher humblement avec son Dieu dans toutes les situations humaines, en étant homosexuel, en union libre, mère célibataire, mère ayant avorté, divorcé, en proie à une addiction, malade, handicapé, et j’en passe… On peut toujours objecter que la situation résulte d’un choix qu’on a fait à un moment donné, mais qui peut juger en pleine connaissance du contexte pour excommunier son frère ou sa sœur sur cette seule base ? Tant qu’on ne fait pas dans l’église un défilé de la gay-pride, tant qu’on n’y milite pas pour l’idéologie du gender, tant qu’on n’y fait rien de scandaleux et qu’on n’y étale pas sa vie privée, l’Eglise n’a-t-elle pas les bras assez ouverts pour être le refuge de tous les pécheurs ? n’a-t-elle pas le cœur assez intelligent pour entendre chacun dans ses questions intimes, et pour l’aider à se tourner vers la Lumière, 70 fois 7 fois, au lieu de faire tomber sur lui le couperet d’un canon cinglant, comme l’antique Procuste qui mutilait ou écartelait les étrangers ?

    • Emmanuel dit :

      Chère Sylvie, le Christ est ressuscité !
      Je ne pense pas que ce soit manquer d’amour que de dire que l’homosexualité est une déviance sexuelle grave. Au contraire et c’est bien tout le propos du père Jean. Les canons ne sont pas conçus pour mutiler qui que ce soit, ils sont les « pédagogues de l’Amour », qui responsabilisent au contraire le pécheur en lui montrant son péché. Non tout n’est pas acceptable ! Non tout n’est pas permis ! Si l’Eglise exige du pêcheur qu’il ne pêche plus, c’est qu’elle ne fait que reprendre les paroles du Christ lui-même. De ce fait, elle invite, accompagne le pêcheur repentant dans son ascèse, jamais elle n’exclue les pénitents mais Elle prie pour eux et pour leur relèvement. Elle offre le remède sans omettre du malade, non pas sa responsabilité mais sa responsabilisation : « Veux-tu guérir ? » « Que veux-tu que je te fasse ? » dit le Christ. Le pardon n’exclue jamais la responsabilisation. Il n’y a pas de responsabilisation sans amour et pas d’amour sans ascèse.

      • Sylvie Pétureau dit :

        « Le ministre religieux attire parfois l’attention sur certains points de la vie privée ou publique parce qu’il est le guide de la paroisse. Ce qu’il n’a pas le droit de faire, c’est exercer une contrainte sur la vie privée de qui que ce soit. (…) Nous condamnons le harcèlement spirituel, qui survient quand un ministre impose des directives, des comportements, des exigences qui privent autrui de sa liberté. Dieu est allé jusqu’à laisser entre nos mains la liberté de pécher. Il faut parler très clairement des valeurs, des limites, des commandements. Mais le harcèlement spirituel, par les prêtres, doit être banni. »
        Cette citation est du cardinal Jorge Bergoglio dans Sur le terre comme au ciel, page 122 ; citée par l’hebdomadaire La Vie dans son n° 3533 du 16 mai 2013, page 23.
        Je pose la question suivante en réponse à la contribution d’Emmanuel à ce débat : Dans quelle mesure peut-il être légitime pour l’Eglise d’EXIGER que le pécheur ne pèche plus ? En matière de vie privée, je trouve que le pape François a raison. Le harcèlement spirituel existe bel et bien dans certains lieux de l’Eglise orthodoxe aussi. Son moyen de pression, c’est la menace d’excommunication ou l’excommunication d’office.

        Il serait, me semble-t-il, intéressant de consacrer une université d’été de la Métropole à apprendre à discerner le péché, la liberté, la confession, la guidance spirituelle, le désir et la vocation personnelle. Les jeunes y seraient spécialement conviés. Du temps serait entièrement consacré à la confession et à l’accompagnement spirituel, qui serait temps libre pour ceux qui n’y recourraient pas…

    • Eugenia dit :

      Je suis toujours étonnée par cette manière à la Elisabeth Roudinesco d’interpréter les phrases, pour arriver à des conclusions convenables…
      La « logique mystique  » du calcule 70×7 ne conduit pas à l’infinie, mais à une limite infranchissable.
      70×7=490, chère Sylvie, donne un résultat carré,définitivement fermé.
      Pardonner 490 fois à un être humain, est devenu la chanson préférée par une société laxiste qui veut persuader les jeunes que le pardon n’est pas une mise à l’épreuve, mais une forme d’acceptation du péché.
      Lisons attentivement les mots : »Si ton frère vient à pécher, RÉPRIMANDE-le et, S’IL SE REPEND, remets-lui.Et si sept foi le jour, il pèche contre toi et que sept fois il REVIENNE à toi, en disant: »JE ME REPENS » tu lui remettras » ( L’ Évangile selon Saint Luc 17).
      Jésus Christ nous explique que demander pardon est un travail sur soi-même important qui doit conduire à une profonde transformation.
      Sans ce travail, les actes commises contre Dieu et nos proches vont se retourner contre le pécheur-même car le Jugement du Saint-Esprit sera droit et sévère pour l’humanité qui à connu Jésus Christ, mais ne L’a pas accepté.
      Concernant la légitimité de l’union de l’homme avec la femme, Christ parle avec les mots les plus explicites qui ne laissent pas la place à des interprétation: L »Évangile selon Matthieu » 19(4,5 et 6).
      J’aimerai aborder aussi le passage de l’Évangile dans lequel Jesus parle de Sodome et Capharnaüm, mais un théologien va vous parler avec plus de compétence, que moi.

      • Sylvie dit :

        Tout ce que vous avez écrit, Eugenia, je l’approuve…
        Dans la Genèse, Joseph devenu vice-roi d’Egypte a mis ses frères à l’épreuve avant de les pardonner d’avoir voulu le tuer et de l’avoir vendu à des bédouins marchands d’esclaves. Il a fait cacher une coupe dans les bagages de Benjamin pour pouvoir l’accuser de vol et le mettre en prison. Quand il a vu qu’un de ses frères s’offrait en otage à la place de Benjamin, il a su que ses frères n’étaient plus, envers le fils préféré de leur père, les jaloux meurtriers qu’ils avaient été envers lui et il les a pardonnés en pleurant d’émotion et en leur ouvrant les bras. Donc, oui, le pardon, cela se mérite, ce n’est pas un droit, c’est le fruit d’une métanoïa, il se donne entre personnes responsables. Et pourtant en Luc 23:33-34, Jésus intercède pour que soient pardonnés les inconscients, voire les irresponsables : « Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche. Jésus dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. »

        Sodome, Jésus en parle à Capharnaüm en Matthieu 11:23-24. « Et toi, Capharnaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel? Non. Tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts ; car, si les miracles qui ont été faits au milieu de toi avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui. C’est pourquoi je vous le dis: au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi. » Les nombreux péchés de Sodome sont moins graves que celui de Capharnaüm ! Le contexte est au verset 20 : « Alors il se mit à faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas repenties. » Et quel est le péché de Capharnaüm ? Le jugement d’autrui, la médisance, qui fait qu’on se croit juste soi-même et qu’on n’a pas besoin de repentir. « Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent: ‘Il a un démon’. Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent: ‘C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie’. Mais la sagesse a été justifiée par ses oeuvres. » (Mt 11:18-19)C’est cet esprit-là qui empêche Capharnaüm de reconnaître le Messie et de l’accueillir avec foi et de recevoir « le salut qui vient de Dieu », alors que les miracles de Jésus sont ses signes de reconnaissance, annoncés par les prophètes, comme il le rappelle aux envoyés de Jean (Mt 11:2-6).

        « Le Jugement du Saint-Esprit sera droit et sévère pour l’humanité qui a connu Jésus Christ, mais ne L’a pas accepté », écrivez-vous. Certainement… Mais dans l’humanité, qui l’a connu ? Jésus lui-même dit que « nul ne connait le Fils si ce n’est le Père » (Mt 11:27)et Dieu se révèle à qui il veut, fait miséricorde à qui il veut. « Ils feront cela parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi » (Jean 16:3), dit-il des persécuteurs à venir. Il ne suffit pas d’avoir entendu parler de lui pour le connaître. Je pense qu’il faut avoir rencontré un témoin habité, et qu’entre lui et soi il se soit passé quelque chose de très intime, Dieu qui se communique. Bien sûr le Christ est libre de se révéler autrement. Mais on peut avoir été baptisé et n’avoir pas encore fait cette rencontre. On peut avoir la foi et ne pas connaître encore qui est vraiment le Père céleste.

        De même, voir son péché, c’est un don du Saint Esprit, ça ne va pas de soi. Etre légaliste est facile, avec les canons (je réagis au propos d’Emmanuel) ; être vivant, c’est différent.
        « Le Seigneur dit: Quand ce peuple s’approche de moi, il m’honore de la bouche et des lèvres ; Mais son coeur est éloigné de moi, et la crainte qu’il a de moi n’est qu’un précepte de tradition humaine. » (Esaïe 29:13, redit par Jésus en Matthieu 15 et Marc 7). Les hommes alourdissent la loi donnée par Dieu, ils y ajoutent des commandements et des interdits que Dieu n’a pas donnés. C’est une tentation récurrente, comme celle du jugement. Je voudrais conclure (provisoirement) par l’appel de Jésus à la fin de Matthieu 11 : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai le repos. Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi, car je suis doux et humble de coeur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est aisé, et ma charge légère ».

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