2014-12-11 Centre « Dumitru Staniloae »: Yvan Koenig – Patristique : conférence : Présentation de l’Ecole d’Alexandrie.

16 décembre 20140 commentaires

2014-12-11 Centre « Dumitru Staniloae »: Pr. Yvan Koenig – Patristique : conférence : Présentation de l’École d’Alexandrie. (audio mp3 et podcast)

Pr. Yvan KoenigPremière conférence de Patristique du professeur Yvan Koenig en l’année académique 2014-2015 porte sur l’École d’Alexandrie.

Le Pr. Yvan Koenig assure les cours de Patristique (voir le programme complet des cours) dans le cadre du Centre Orthodoxe d’Études et de Recherche « Dumitru Staniloae » (année universitaire 2014-2015).

Résumé

1. Alexandrie :

L'antique Alexandrie

L’antique Alexandrie


Fondée en 331 AC par Alexandre le Grand sur une bande de terre entre la mer et le lac Maréotis. L’îlot de Pharos proche du site, fut rattaché à la ville par une digue, on y construisit le fameux phare d’Alexandrie dont le rayon pouvait se voir jusqu’à 50 km. La digue délimitait les deux principaux ports de la ville.

La ville engloba un ancien site égyptien (Rhacôtis) et l’on y construisit de superbes monuments parmi lesquels le tombeau d’Alexandre, le temple du Sérapéum, les palais et le Museion doté d’une bibliothèque qui posséda jusqu’à 500.000 rouleaux de papyrus. C’est dans celle-ci que furent fondées les sciences de la bibliographie et de la critique textuel, qui permettaient d’obtenir le texte le plus proche possible de l’original. Les sciences naturelles ne furent pas négligées et les savants d’Alexandrie firent de nombreuses découvertes.

2. Les Juifs et les Chrétiens à Alexandrie.

Nous n’avons pratiquement pas de source concernant la première communauté chrétienne, alors que la communauté juive est beaucoup mieux documentées, en particulier grâce à Philon d’Alexandrie, (20 AC-45 PC) juif hellénisé qui réalisa une synthèse entre le judaïsme et l’hellénisme. La communauté juive était particulièrement nombreuse et habitait plusieurs quartiers de la ville. Leur statut qui était florissant, se dégrada lorsque la ville passa sous la domination romaine à partir de 30 AC. Ils furent contraints de payer le même impôt que les Égyptiens et furent victimes de troubles et de massacres en 66. En 70 le Temple de Jérusalem était détruit, et la révolte de la communauté juive sous Trajan en 115-117 aboutit à la quasi disparition de celle-ci.

Les Chrétiens d’Alexandrie sont peu connus ; nous avons quelques attestations dans les Actes des Apôtres et selon la tradition, c’est l’évangéliste saint Marc qui fut le premier évangélisateur et évêque de la ville. Il est probable que les premières formes de christianisme local relevaient de missionnaires venus de Jérusalem. On peut extrapoler à partir de certains documents du IIe siècle et tenter de retrouver le christianisme local. Parmi ceux-ci deux documents : l’Épître de Barnabée, le plus ancien, et l’Enseignement de Silvanus.

Grâce à ces textes on peut se faire une idée de la spiritualité du christianisme local au premier siècle. C’est une spiritualité proche de celle du Philon contemplatif qui inspirera la théologie alexandrine postérieure. On notera particulier l’importance de l’interprétation spirituelle des textes, qui s’oppose aussi bien à celle des littéralistes Juifs, minoritaires à Alexandrie, qu’aux gnostiques, pour qui le démiurge était un dieu mauvais. Si au début les Chrétiens ont pu constituer un courant au sein du judaïsme, ils s’en sont séparés lorsque le judaïsme se referma sur lui-même après la destruction du Temple (70).

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Écoutez la conférence au podcast audio: une heure et sept minutes de conférence.

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Dans: AudioCentre "Dumitru Staniloae"
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Sur l'auteur ()

Retraité depuis peu, Yvan Koenig a été chercheur au CNRS, enseignant à l’EPHE et à l’Institut Catholique. Égyptologue, il s’est spécialisé dans le déchiffrement et la publication des papyrus. Il a également traduit du grec moderne plusieurs ouvrages de spiritualité orthodoxe publiés aux éditions de l’Âge d’Homme et aux éditions du Cerf. Il est professeur invité à l’Institut Saint Serge (théologie ascétique).

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