2017-05-17 Centre « Dumitru Staniloae »: Yvan Koenig – Patristique. Saint Grégoire Palamas. 5e séminaire 2e cycle (master)

26 Mai 20170 commentaires

2017-05-17 Centre « Dumitru Staniloae »: Pr. Yvan Koenig – Patristique. Saint Grégoire Palamas. 5e séminaire 2e cycle (audio mp3, podcast et vidéo)

Pr. Yvan KoenigCinquième séminaire de Patristique, 2e cycle (master), du professeur Yvan Koenig, dans l’année académique 2016-2017, sur Grégoire Palamas: la polémique autour de la prière hésychaste qui opposa Palamas à ces adversaires.

Le Pr. Yvan Koenig assure les cours de Patristique (voir les programmes des cours du 1er semestre et 2e semestre) dans le cadre du Centre Orthodoxe d’Études et de Recherche « Dumitru Staniloae » (année universitaire 2016-2017).

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Résumé du cours

Lors de ce dernier séminaire consacré à saint Grégoire Palamas, nous avons présenté la polémique autour de la prière hésychaste qui opposa Palamas à ces adversaires.

I. Dans un premier temps, nous avons resitué la prière hésychaste dans son contexte qui s’enracine dans les débuts même du monachisme en Égypte et dans les conceptions de l’Église, tant sur l’incarnation que sur la nature humaine. On pourra se référer à un article présenté sur le site Apostolia tv, qui traitait des relations entre Évagre et saint Jean Cassien. Cet article est remis en ligne, et le lecteur pourra le télécharger.

II. Dans un deuxième temps nous avons présenté les principales objections de Barlaam et les réponses de Palamas.

1. Sur les études profanes : Barlaam considère que ces études sont indispensables et permettent au moine d’avoir une meilleure connaissance de la réalité qui l’entoure. Pour Palamas, les études profanes ne sont ni bonnes, ni mauvaises en soi. Mais doivent être tournées vers Dieu, sinon elles sont une perte de temps. De plus les études profanes ne sont pas une condition nécessaire à la progression spirituelle du moine, comme le soutenait Barlaam. Pour comprendre le point de vue de Palamas, il est important de se rappeler que pour la tradition ascétique, la « connaissance des êtres », ou des « logoi » de la création est une conséquence de l’impassibilité ou apatheia. Cette impassibilité partielle est le fruit de la maîtrise de soi et des passions, cette purification est nécessaire, car le péché a obscurci l’âme et l’éloigne de Dieu. Il faut donc faire un véritable effort de conversion (metanoia) dont le repentir est le premier pas. Dieu a rendu folle la sagesse de ce monde (cf. 1 Cor. 1, 20).

2. Barlaam critique le grand thème traditionnel de la spiritualité chrétienne : mettre son esprit dans son cœur, le corps est mauvais et il faut séparer l’esprit du corps.

Pour Palamas, le corps n’est pas mauvais en soi, il est destiné à devenir : « le Temple du Saint-Esprit », dans ce but, il faut expulser du corps la loi du péché, pour y introduire celle de l’Esprit : « Celui qui, par l’amour divin, a fait de ses volontés et de ses désirs une occasion de vertu, celui qui présente à Dieu un esprit purifié par la prière, acquiert et voit en lui-même la grâce promise aux cœurs purifiés. » (Triades I, p. 78, § 2). Par la prière circulaire l’intellect rentre en lui-même et par là peut s’unir à Dieu. « L’hésychaste est celui qui cherche à circonscrire l’incorporel dans son corps. » S. Jean Climaque.

3. Pour Barlaam, la vision d’une lumière est un phantasme et une ruse du démon. C’était déjà une expérience courante à Scété au IVème siècle. Mais pour les Pères, la participation à la lumière divine, est une conséquence de l’incarnation et de la divinisation de l’homme. C’est pourquoi saint Macaire explique : « Le divin apôtre Paul a montré à chaque homme, d’une façon exacte et très lumineuse, le parfait mystère du christianisme : ce mystère est un éclat de la lumière céleste, se produisant par la révélation et par la puissance de l’Esprit…il met en avant comme une preuve reconnue de tous, l’exemple de la gloire de l’Esprit entourant le visage de Moïse… Il a donc clairement montré par là qu’un voile de ténèbres a recouvert l’âme, un voile qui a pu s’insinuer au sein de l’humanité par la transgression d’Adam. Mais aujourd’hui, par l’illumination de l’Esprit, ce voile est enlevé des âmes réellement croyantes et dignes ; c’est la raison de la venue du Christ. »

Yvan KOENIG

Bibliographie choisie

  • J. MEYENDORFF traduction de GRÉGOIRE PALAMAS, Défense des saints Hésychasts, I et II, Louvain, 1959.

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Sur l'auteur ()

Retraité depuis peu, Yvan Koenig a été chercheur au CNRS, enseignant à l’EPHE et à l’Institut Catholique. Égyptologue, il s’est spécialisé dans le déchiffrement et la publication des papyrus. Il a également traduit du grec moderne plusieurs ouvrages de spiritualité orthodoxe publiés aux éditions de l’Âge d’Homme et aux éditions du Cerf. Il est professeur invité à l’Institut Saint Serge (théologie ascétique).

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