2013-04-17 Centre « Dumitru Staniloae »: Viorel Ionita – «Quelques aspects de la théologie orthodoxe au XXe siècle» (audio)

20 April 20130 commentaires

2013-04-17 Centre « Dumitru Staniloae »: Père Viorel Ionita – «Quelques aspects de la théologie orthodoxe au XXe siècle» (audio, mp3, texte, pdf)

P. Viorel IonitaDans cette conférence, le père professeur Viorel Ionita (Faculté de Théologie de Bucarest) fait un survol général de la théologie pan-orthodoxe au XXe siècle, afin d’en dégager ses spécificités, son développement et ses perspectives. Conférence en podcast audio (et mp3) et notes de conférence (texte+pdf).

Conférence au Centre Orthodoxe d’Étude et de Recherche Dumitru Stàniloae (voir le programme complet des cours) à Paris.

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Écoutez en podcast audio: une heure et 50 minutes de conférence et question-réponses.

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Notes de conférence

Le thème de notre conversation de ce soir a été inspiré par l’apparition du livre intitulé «La Théologie Orthodoxe pendant le XXe siècle et au début du XXIe siècle» dans l’édition Basilica du Patriarcat Roumain, à la fin de l’année 2011. Ce livre est apparu à l’initiative et avec le support de Sa Béatitude le Patriarche Daniel de l’Église Orthodoxe Roumaine. La nécessité d’une telle publication a été motivée, tout d’abord, par le fait qu’il n’existe pas une présentation d’ensemble de la théologie orthodoxe du XXe siècle, or cela est d’autant plus surprenant, que cette théologie a connu pendant le dernier siècle un développement extraordinaire, comme elle n’avait pas connu depuis des siècles.

Toutes les présentations sur la Théologie orthodoxe des dernières décennies ont été soit de nature encyclopédique, soit de nature monographique en se concentrant sur des différentes théologies ou différents thèmes. Ou alors des présentations de la théologie d’une Église locale plus ou moins indépendamment de la Théologie orthodoxe dans son ensemble. Par exemple, L’Église Orthodoxe Roumaine a publié en mille neuf cents soixante-quatre, traduit même en français, un livre intitulé De la Théologie Orthodoxe Roumaine des origines à nos jours (Bucarest, Éditions de l’Institut Biblique et de Mission Orthodoxe, 1974, 528 p). Cette publication offrait pour le temps de sa parution un aperçu de la Théologie orthodoxe roumaine, mais sans prendre en considération les liens de cette théologie avec la pensée théologique des autres Églises locales, ni la contribution théologique de la Diaspora orthodoxe, sans laquelle on ne peut pas s’imaginer une présentation intégrale de la théologie orthodoxe du XXe siècle.

Une présentation de la pensée théologique orthodoxe du XXe siècle s’impose pas tant pour des raisons apologétiques que pour des raisons pratiques, afin de mettre à la disposition des générations futures et de tous ceux qui pourraient y trouver un intérêt, un tableau aussi complet que possible de tous les accomplissements de la théologie orthodoxe du XXe siècle. De plus, on ne peut imaginer une théologie orthodoxe du XXIe siècle qui ignorerait la manière dont la réflexion théologique du siècle précédent a réussi à répondre aux problèmes de son temps. Or, l’une des plus importantes contributions des théologiens orthodoxes du XXe siècle, a été de découvrir le sens propre des sources de la foi chrétienne, à savoir : la Sainte Écriture, les textes liturgiques de l’Église Orthodoxe, les décisions des Conseils œcuméniques et les œuvres des Pères de l’Église.

La théologie orthodoxe du XXe siècle présente plusieurs aspects paradoxaux. Le premier de ces aspects est le fait que, pendant une bonne partie de cette période, la grande majorité des Églises Orthodoxes locales ont été opprimées par le pouvoir communiste. À cause de cette situation politique difficile, une bonne partie des théologiens orthodoxes ont dû quitter leur pays d’origine et sont allés dans la Diaspora, où ils ont créé l’un de chapitre les plus importants de la pensée orthodoxe moderne. Tel fut le cas à Paris, à New York, et puis à Holy Cross et ailleurs dans la Diaspora orthodoxe. L’aspect paradoxal de cette situation est qu’en dépit de la situation politique difficile, la pensée orthodoxe a réussi à s’affirmer même dans les pays contrôlés par la propagande communiste. Un exemple dans ce sens est le père Dumitru Staniloae, qui a réussi à créer la meilleure partie de son œuvre dans les années soixante-dix et quatre-vingt, en plein milieu du régime de Ceausescu.

Un autre aspect spécifique de la théologie orthodoxe moderne constitue le fait que cette activité s’est articulée dans différentes langues : grecque, arabe, russe, serbe, roumaine, etc. Entre ces différentes formes d’expression théologique orthodoxe, il y avait très peu de communication, ou alors telle communication se produisait à l’aide de l’une des langues occidentales de grande circulation. Pourtant, et en dépit de tout cela, toutes ces différentes expressions théologiques se sont avérées être complémentaires les unes aux autres. Il est évident qu’aujourd’hui il est nécessaire que toutes ces expressions s’engagent davantage dans un dialogue plus profond, afin qu’elles aboutissent à promouvoir et exprimer d’une manière plus claire l’unité de l’Église Orthodoxe.

Le but de toute théologie orthodoxe n’est pas celui de simplement chercher la vérité, qui est plutôt le rôle de la philosophie, mais celui de présenter la vérité révélée dans une période de temps et dans un espace spécifiques. La vérité que la théologie orthodoxe explique, approfondit et transmet, n’est pas du tout une théorie ou un système d’enseignement abstrait. Au contraire, cette vérité est une personne, respectivement la Personne de Jésus Christ, le fils éternel de Dieu vivant, devenu homme comme nous pour notre salut et qui s’est révélé à nous comme «La voie, la vérité et la vie» (Jean XIV, 6).

En conséquence les fidèles vont connaître Dieu le Père, seulement s’ils connaissent d’abord le Fils Jésus Christ – la Vérité, et puis celui-ci va leur faire parte du Saint Esprit. C’était pour ça que les trois personnes de la Saint Trinité et aussi Dieu Trinitaire ont constitué les thèmes majeurs de la pensée orthodoxe pendant le dernier siècle. L’action qu’on a appelé la libération de la théologie scolastique de siècles précédents a constitué pour la théologie orthodoxe du XXe siècle le faite de présenter tout d’abord Jésus Christ pas comme un concept or une idée philosophique, mais comme une Personne, qui invitent tous les fidèles à la communion avec lui-même, avec la Sainte Trinité et en même temps avec tous leurs semblables. La Sainte Trinité a été aussi présenté pas comme une idée or un concept abstract ou comme un objet de spéculation, mais plutôt comme communion d’amour de trois Personnes qui invite tous les fidèles à partager cette communion. Puis les services divins de l’Église Orthodoxe ont été présentés par la théologie orthodoxe du XXe siècle comme parties intégrantes de la Sainte Tradition, comme expressions et moyens de la transmission de la grâce divine pour la communion de tous et aussi comme l’expérience du royaume de Dieu déjà sur la terre. En fin, en ce qui concerne l’Église on a souligné qu’elle n’est pas simplement une institution, mais plutôt le lieu de rencontre de fidèles avec Dieu, ou l’expression par excellence de la communion des fidèles avec Dieu et entre eux même. D’ailleurs un des chapitres le plus originels de la pensée théologique orthodoxe du XXe siècle a été juste celui de l’Ecclésiologie, respectivement celui du mystère de l’Église.

De l’expérience de théologiens orthodoxes du dernière siècle, qui ont suivi l’exemple des Pères de l’Église du premier millénaire de l’ère chrétienne, on peut apprendre que la réflexion théologique n’a pas un autre but que celui de promouvoir la communion des fidèles avec Dieu et en même temps la vraie communion entre tous les humaines. La réflexion théologique orthodoxe n’a pas un but en soi même, mais elle est simplement un instrument, une médiation d’une meilleure connaissance de la vérité révélée par Dieu, elle et un guide vers la vraie communion avec Dieu. Pendant le siècle dernière on a souligné assez souvent la remarque patristique que « théologien est seulement celui qui prie » et par cette remarque on a voulu exprimé le faite que la théologie ne peut pas se développer que dans le cadre de la communion ecclésiale. Une vraie théologie naissent dans l’Église, elle se développent pour l’Église et elle serve l’Église dans son activité pastorale et missionnaire.

La théologie orthodoxe pendent le dernier siècle a été promu pas seulement pas les théologiens de profession, ça veut dire par les professeurs de différents séminaires ou facultés de théologie, mais aussi par des évêques, des moines et aussi par des différents laïcs. Il est bien connu que les monastères orthodoxes ont joué un rôle majeure pour garder vivent la spiritualité orthodoxe. Toute même, les institutions d’enseignement théologique dans les Églises Orthodoxes ont joué un rôle déterminant pas seulement pour la formation de tous les contingents de membres du clergé, mais aussi pour forger les lignes directrices de la pensée théologique. Dans leur engagement de promouvoir le rôle prophétique de la pensée théologique, les facultés de Théologie Orthodoxe, celles qui ont été intégrées dans les universités d’état, ont été souvent exposées au danger de s’éloigner de la vie de leurs Églises. C’est pour cela, que plusieurs Églises Orthodoxes ont préféré garder leurs institutions d’enseignement exclusivement dans leurs juridictions. Cette situation s’est manifestée aussi par le faite que dans les Facultés de Théologie inclus dans des universités d’état, comme s’était le cas en Grèce par exemple, la grande majorité de professeurs était de laïcs, tandis que dans les institutions théologiques des différents Églises, connu le plus souvent dans la forme des académies théologique, les professeurs étaient en majorité de membre du clergé. En ce sens la tradition de l’Église Orthodoxe Roumaine a été toujours une exception, dans le sens que même dans les Facultés de Théologie de cette église, qui ont été inclus dans les universités d’état, avant la deuxième guerre mondiale et puis après les changements politique en Roumanie à la fin de l’année 1989, la grande majorité des professeurs ont été et ils sont toujours de membres du clergé. A la fin, la tache de réfléchir théologiquement et même d’enseigner la théologie orthodoxe n’est pas réservé exclusivement aux membres du clergé, toute au contraire, mais il y a quand même des disciplines comme la Théologie liturgique ou l’art de l’homélie qui seront enseigné plus approprié par des membres du clergé qui ont aussi la possibilité de pratiqué tout ce qu’ils enseignent.

Facteurs qui ont facilité le développement de la Théologie Orthodoxe pendant le dernier siècle

1. La proclamation de l’autocéphalie des différents églises orthodoxe locales, à part les églises orthodoxes de la Grèce, de la Serbie et celle de la Roumanie, qui ont obtenu leur autocéphale pendant le XIXe siècle, pendant le XXe siècle ont obtenu le même statut les églises de la Géorgie, de l’Albanie, de Pologne et de la République Tchèque et Slovaque. Ce développement a ouvert la possibilité pour un la floraison de la théologie orthodoxe dans les langues et culture respectives, un développement qui a ces coté positives mais qui a posé aussi quelques problèmes pratiques de communication entre elle, comme nous l’avons remarqué plus haut.

2. Le processus de la préparation d’un synode qu’on a appelé d’abord pan-orthodoxe, mais qui s’appellent aujourd’hui «Le Saint et Grand Synode de l’Église Orthodoxe» et qui a commencée pendant la troisième décennie du siècle dernier a constitué à son tour un défi majeur pour la théologie orthodoxe. Toutes les Églises Orthodoxes locales ont été chargé d’étudier un ou plusieurs thème proposés dans ce processus, et en plus la question même de la préparation d’un tels synode, sa thématique, son autorité etc. ont été des défis a relevé pour une grande partie des théologiens orthodoxes pendent cette période de temps.

3. Les congrès des facultés de Théologie Orthodoxes, plutôt les deux premiers (Athènes 1936 et 1976) ont facilité pas seulement la rencontre entre une bonne partie des théologiens des différentes églises orthodoxes locales, mais aussi la possibilité de définir ensemble les taches et aussi les réponses de la théologie orthodoxe dans les moments historiques respectives. Toutes les présentations de la théologie orthodoxe pendant le siècle dernier fond référence à l’impact de ces rencontres pour le développement de la théologie respective.

4. Les rencontres œcuméniques aux différent niveau, en commencent par des rencontres personnelles entre théologiens orthodoxes et leurs collègues des confessions différant, jusqu’aux rencontres de délégations officielles des églises orthodoxe avec les représentants des différant églises, soit dans le cadre des dialogues bilatéraux, soit dans celui du dialogue multilatéral promu par les organisations œcuméniques internationales depuis des décennies, ont constitué une autre catégorie des défis pour la théologie orthodoxe. Tous les théologiens orthodoxes représentatives du XXe siècle ont écrit une bonne partie des leurs œuvres à la suite de leur rencontres avec la tradition théologique des autres églises chrétiennes. Dans le cadre de ces rencontres les orthodoxes ont eu la possibilité d’affirmer de plus en plus claire la spécificité de leur église comme l’expression de l’église du Jésus Christ, en contraste, par exemple, avec la théologie protestante, qui affirmait que les églises historique ne sont pas qu’une partie ou même une simple réflexion de l’Église une de Jésus Christ, qui d’après leur opinion est une église invisible.

Finalement, un autre grand défi pour la théologie orthodoxe pendant le XXe siècle a été celui de se libérer de l’héritage scolastique, qui s’est affirmé dans la théologie orthodoxe des siècles précédents. La théologie scolastique s’est répandue dans les écoles orthodoxes d’abord en Russie et puis aussi en Grèce, en Serbie et en Roumanie sur l’influence de la scolastique soit catholique-romaine, soit celle de tradition protestant. D’après un article d’une église française, «la scolastique est une forme d’intelligence de la foi qui s’efforce de prendre en compte les différents savoirs humains, en particulier la philosophie, et de les organiser par la raison. Cette expression qui recouvre un important courant de la théologie est parfois utilisée de manière péjorative pour désigner une démarche et une pensée très “scolaires”, pour en dénoncer le formalisme ou en critiquer les subtilités intellectuelles.” La théologie scolastique en elle-même n’était pas nécessairement hérétique, mais elle ne continue pas l’esprit de l’Église ancienne, l’esprit des Pères de l’Église, même si elle connaissait les Pères et les cité, mais pour défendre son style et son argumentation. Même si cette méthode pourrait aider un dialogue avec la philosophie, par exemple, ou en général avec l’esprit de la modernité, cette méthode scolastique ne répondait plus à la quête spirituelle des fidèles orthodoxe. Au début du siècle dernier la méthode scolastique était assez répandu dans la théologie des toutes les Églises Orthodoxes, et c’est comme ça qu’un de plus grand accomplissement de la théologie orthodoxe pendant le XXe siècle a était de se libérer de cette méthode et de revenir à la tradition des Pères de l’Église. Parmi les théologiens orthodoxes qui ont contribué à cet accomplissement on peut mentionner le Père Georges Florovski et ses collègues de Paris et de New York, mais aussi le Père Dumitru Staniloae pour la tradition roumaine.

Pr. Dr. Viorel Ionita
avril 2013

Dans: AudioCentre "Dumitru Staniloae"
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Sur l'auteur ()

Le Père Viorel Ionita est professeur d’histoire de l’Église à la Faculté de Théologie de Bucarest et conseilleur patriarcal. Il a représenté l’Église Orthodoxe Roumaine auprès de la Conférence des Églises Européennes (Genève) pendant plusieurs années, et en cette qualité il a participé à des nombreuses réunions et conférences inter-orthodoxes. Il est l’auteur ou l'éditeur coordonnateur de nombreux ouvrages de théologie, histoire de l’Église ou dialogue œcuménique.

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